Nanofat : une solution pour améliorer la qualité de la peau ?
- Ce qu'il faut retenir
- Qu'est-ce que le Nanofat et en quoi diffère-t-il du lipofilling ?
- Que dit la recherche sur l'amélioration de la qualité de peau ?
- Quelles sont les indications et les limites de cette technique ?
- Pourquoi l'injection peut-elle se faire sous anesthésie locale au cabinet ?
- Quelles suites et quelle place dans une prise en charge globale ?
- FAQ
Ce qu’il faut retenir :
Le Nanofat est une graisse autologue (provenant de la personne elle même) émulsionnée et filtrée, dépourvue d’adipocytes (cellules graisseuses) vivants, injectée dans le derme pour agir sur la texture cutanée plutôt que sur les volumes. La littérature décrit une amélioration des cicatrices, des ridules et de la pigmentation, avec des preuves histologiques convergentes mais un niveau de preuve clinique encore en évaluation.
Le prélèvement portant sur de faibles volumes, le geste peut le plus souvent être réalisé sous anesthésie locale au cabinet.
Le Dr Corinne Pachet, chirurgienne plasticienne à Paris 17 et Paris 8, évalue l’indication au cas par cas.
Qu’est-ce que le Nanofat et en quoi diffère-t-il du lipofilling ?
Issu d’une évolution du lipofilling, les injections de Nanofat, une technique de médecine esthétique à Paris, reposent sur un principe distinct de celui du comblement classique. La graisse est prélevée par micro-canules, rincée, puis émulsionnée par transferts successifs entre deux seringues avant d’être filtrée.
Le produit obtenu ne contient plus d’adipocytes vivants : c’est une suspension fluide, riche en cellules stromales et en matrice extracellulaire, injectable avec des aiguilles très fines, jusqu’à 27 gauge ou appliquée après un microneedling.
Là où un lipofilling du visage restaure des volumes, le Nanofat cible la peau elle-même, en intradermique ou en sous-cutané superficiel.
Cette distinction est essentielle en consultation : le Dr Corinne Pachet, chirurgienne plasticienne qualifiée exerçant à Paris 17 et Paris 8, rappelle systématiquement que ces deux gestes ne répondent pas aux mêmes indications et peuvent, selon les cas, être associés ou dissociés.
Que dit la recherche sur l’amélioration de la qualité de peau ?
La technique a été décrite en 2013 dans Plastic and Reconstructive Surgery par l’équipe de Patrick Tonnard, sur une série de 67 cas traités pour des ridules superficielles, des cicatrices et des cernes pigmentés.
Depuis, plusieurs revues systématiques ont tenté d’objectiver ces résultats. Celle publiée dans la même revue en 2024 a retenu douze études : six d’entre elles rapportent une amélioration significative des cicatrices, quatre décrivent un bénéfice sur les rides fines et les irrégularités de pigmentation, avec des arguments histologiques convergents : augmentation de l’épaisseur cutanée, du collagène et des fibres élastiques.
Quelles sont les indications et les limites de cette technique ?
Les indications retenues aujourd’hui découlent directement de ces travaux. Le Nanofat est envisagé pour les ridules superficielles péri-orales et péri-orbitaires, la région des cernes, certaines cicatrices atrophiques d’acné, le cou et le décolleté, ainsi que les peaux marquées par une exposition solaire prolongée.
Il ne corrige ni un relâchement cutané important, ni une perte de volume : ces situations relèvent d’autres approches, comme le lifting du visage et du cou ou les injections d’acide hyaluronique.
Il ne se substitue pas non plus aux protocoles proposés en qualité de peau, qu’il s’agisse de mésothérapie, de peeling ou de réjuvénation par laser ; il peut en revanche s’y additionner.
L’évaluation clinique préalable détermine, au cas par cas, si l’indication est pertinente. Les patients très minces ou fumeurs constituent des candidats moins favorables.
Pourquoi l’injection peut-elle se faire sous anesthésie locale au cabinet ?
Un point pratique retient souvent l’attention des patients : dans la majorité des situations, l’injection de Nanofat peut être réalisée sous anesthésie locale, directement au cabinet, sans hospitalisation ni bloc opératoire. Les volumes en jeu restent en effet modestes, de l’ordre de quelques dizaines de millilitres de graisse prélevés au niveau de l’abdomen ou des cuisses.
La séance dure généralement une heure.
Cette intervention au cabinet ne dispense pas d’une consultation préalable, d’une information sur les risques et d’une remise d’un devis détaillé, conformément à l’article L. 6322-2 du code de la santé publique. Un délai de réflexion de quinze jours est également respecté avant la réalisation du geste dans des conditions de stérilité strictes..
Le choix du type d’anesthésie reste décidé en consultation, selon les zones traitées et le volume nécessaire.
Quelles suites et quelle place dans une prise en charge globale ?
Les suites habituelles associent un œdème et des ecchymoses au niveau des zones injectées comme du site de prélèvement, avec une éviction sociale généralement courte, de quelques jours.
Les revues publiées ne rapportent pas d’effets indésirables graves, mais signalent des complications mineures.
Un contrôle à trois puis six mois permet d’apprécier l’évolution réelle du résultat. Le Nanofat s’envisage donc comme un outil parmi d’autres au sein d’une stratégie globale de médecine esthétique, et non comme une réponse unique au vieillissement cutané.
En conclusion
Le Nanofat constitue une piste sérieuse pour agir sur la texture, les ridules fines et certaines cicatrices, avec des arguments histologiques solides mais un recul clinique encore limité. Sa réalisation possible sous anesthésie locale au cabinet en fait une option accessible, à condition que l’indication soit posée après un examen rigoureux.
Une consultation permet d’évaluer la pertinence du geste et de le situer par rapport aux autres traitements disponibles, sur les sites d’exercice de Paris 17 et Paris 8.
Sources
- PubMed
- Tonnard P, Verpaele A, Peeters G, Hamdi M, Cornelissen M, Declercq H. Nanofat grafting: basic research and clinical applications. Plast Reconstr Surg. 2013;132(4):1017-1026
- Tran VVT, Jin X, Hong KY, Chang H. Effects of Nanofat in Plastic and Reconstructive Surgery: A Systematic Review. Plast Reconstr Surg. 2024;154(3):451e-464e
- Al-sabri G, Alavi S, Alkaabi S, Maningky M, Forouzanfar T, Helder M. The Effectiveness of Nanofat in the Management of Skin Scars: A Systematic Review. Aesthet Surg J Open Forum. 2025
- Atiyeh B, Ghieh F, Oneisi A. Nanofat Cell-Mediated Anti-Aging Therapy: Evidence-Based Analysis of Efficacy and an Update of Stem Cell Facelift. Aesthetic Plast Surg. 2021;45:2939-2947
- Tonnard P, Verpaele A, Carvas M. Fat Grafting for Facial Rejuvenation with Nanofat Grafts. Clin Plast Surg. 2020
- Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE)
- Legifrance
- Code de la santé publique, article L. 6322-2 (information, devis détaillé et délai de réflexion)
FAQ
Non. Le lipofilling réinjecte des cellules graisseuses vivantes pour restaurer un volume. Le Nanofat est une émulsion filtrée qui ne contient plus d’adipocytes viables et s’injecte superficiellement dans la peau, sans effet volumateur.
Le plus souvent, non. Les volumes de graisse prélevés étant faibles, le geste peut être réalisé sous anesthésie locale au cabinet, sans hospitalisation. Le choix est arrêté en consultation selon les zones traitées.
Prélèvement, préparation et réinjection comprises, la séance dure généralement une heure.
Un œdème et des ecchymoses sont habituels sur les zones injectées et sur le site de prélèvement. L’éviction sociale est en règle générale de quelques jours.
L’évolution s’apprécie progressivement, avec des contrôles à trois puis six mois. Les études disponibles décrivent des améliorations à court et moyen terme, mais le maintien du bénéfice au-delà d’un an reste débattu dans la littérature.
Non. Il agit sur la texture, les ridules superficielles et certaines cicatrices. Un relâchement marqué relève d’autres prises en charge, chirurgicales ou médicales.
Les personnes disposant d’un panicule adipeux suffisant pour un prélèvement, après examen clinique. Les patients très minces ou fumeurs sont de moins bons candidats.
Il n’existe pas de protocole standardisé : le nombre de séances dépend de l’indication, de la zone et de l’évolution constatée lors du suivi.
Dr Corinne Pachet
Je suis une chirurgienne plasticienne à Paris enregistrée au N°RPPS 10004420260.
Je suis inscrite au conseil de l’ordre des médecins sous le N° 75-76548
J’interviens pour des prises en charge en chirurgie plastique générale et esthétique, post bariatrique ou dermatologique.
- Je suis ancienne chirurgienne adjoint des services de Chirurgie Plastique de l’Hôpital Saint Joseph à Paris
- Je suis auteure de plusieurs publications médicales
- Je suis inscrite au Conseil de l’ordre des médecins de Paris sous le numéro 75/76548
- Je suis accréditée par la HAS depuis 2015